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Qui sont les Ronin?

Rōnin 浪人

Dans le Japon médiéval, les rōnin étaient des samouraï sans maître.

Rōnin signifie « homme errant » ou « homme-vague ».

Le terme daterait du VIIIe siècle et aurait, à l'origine, désigné les déserteurs.

Plus exactement, les rōnin sont d'anciens samouraïs exclus de la société féodale japonaise suite à la mort de leur seigneur, leurs propres fautes ou leur défaite au combat.

Devenant une sorte de paria, ils n'avaient pas de classe propre, ce qui dans une société extrêmement hiérarchisée et basée sur relations de loyauté envers un seigneur les rendait marginaux.

La plupart d'entre eux devinrent fermiers ou komusō 虚無僧 (prêtres errants vivant d'aumônes.)

Certains ayant des difficultés à accepter leur nouvelle position sociale tentèrent de se rebeller en se tournant vers le banditisme.

Après la XVIe siècle, l'image des samouraïs se dégrada, et ils furent considérés comme des mercenaires à la solde de leurs maîtres. C'est à cette époque que le nombre de rōnin augmenta. Les rōnin combattaient pour leurs idéaux. On leur associait souvent l'image du preux chevalier.

C’est surtout lors de l’ère Edo que le nombre de rōnin augmentât considérablement.
Le shogunat avait en effet mis en place un système rigide qui interdisait aux samouraïs de changer de maître, de se marier hors de leur clan, ou d’avoir des occupations extérieures au clan sans la permission de leur ancien maître alors que les règles étaient beaucoup plus flexibles sous les anciens régimes. De fait, la mort ou la ruine de son maître rendait presque impossible au samouraï d’en trouver un autre et le forçait à devenir rōnin.

Le rōnin avait une mauvaise réputation, contrebalancée par de nombreux récits à sa gloire.

Certains samouraï allèrent même jusqu'à rechercher ce statut qu'ils considéraient comme une expérience nécessaire à tout bon samouraï.

Cet état d'esprit est fidèle au proverbe Shichi ten hakki (七転八起« tomber sept fois et se relever huit »). Ce proverbe symbolise la persévérance face à des situations difficiles ou les vicissitudes de l'existence. Le samouraï au cours de sa vie pouvait partir sept fois pendant une mission de « vagabondage » d’un an au cours de laquelle il vivait comme un rōnin avant de revenir servir son maître. Néanmoins, un samouraï devenait plus souvent rōnin en raison de circonstances indépendantes de sa volonté que parce qu’il aspirait véritablement à cette situation.

Les rōnin étaient méprisés et discriminés par les samouraïs qui jalousaient probablement leur « liberté » mais étaient respectés par les basses classes, qui restaient toutefois méfiantes à leur égard.

Etre rōnin était une grande honte. Lord Redesdale, un Britannique attaché au Japon peu après la restauration de l'ère Meiji (1868), raconta que lors de son séjour un rōnin s’était suicidé sur les tombes des 47 rōnin. Il laissa un mot derrière lui disant qu’il avait demandé à entrer au service du daimyō de Chōsū mais s’était vu rejeté. N’ayant voulu servir d’autre maître et ne supportant plus la honte associée à la condition abominable de rōnin il voulait en finir avec sa vie et ne trouvait pas d’endroit plus adapté pour le faire.

Pourtant, certains rōnin se forgèrent une réputation et s'attirèrent le respect de tous.
C'est notamment le cas de Musashi Miyamoto qui est devenu la personnification du mythe du samouraï errant qui va de ville en ville pour affûter sa technique.

Aujourd'hui ce terme désigne les étudiants qui échouent leur examen d'entrée à l'université et restent une ou plusieurs années à étudier pour le repasser en espérant être admis. Cet usage dérive probablement de l'analogie suivante : ils n'ont aucune école, et un samouraï rōnin n'a pas de maître à servir. Il y a également un parallèle entre la honte du rōnin original et sa manière d'esquiver les examens. Par extension, on appelle également rōnin une personne au chômage.


[source : Wikipédia]

 

 

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